Sur fond d’urgence climatique, les délégués de près de 200 pays ont bouclé dans la nuit à Bonn une 23e conférence de l’ONU plombée par la défection des Etats-Unis.

A l’extrême issue de la conférence annuelle de l’ONU sur le climat qui s’est tenue dans la ville allemande de Bonn, les pays se sont mis d’accord in extremis pour mettre en œuvre les prochaines étapes avant 2020 en matière d’action climatique, « Cette conférence a, avec l’adoption du Dialogue Talanoa, livré une rampe de lancement qui peut nous conduire à cette prochaine étape d’une ambition rehaussée.

Elle a également fait avancer les directives relatives à la mise en œuvre de l’Accord de Paris afin qu’il puisse véritablement appuyer une coopération internationale soutenue et des efforts nationaux pour parvenir à un monde plus sûr, prospère et meilleur pour tous d’ici 2018 », a-t-elle déclaré.

« Mais Bonn 2017 a fait plus que cela – Bonn a mis en évidence que le soutien à l’Accord de Paris est fort et que ce voyage que le monde a entrepris est un mouvement irrépressible, soutenu par toutes les sphères de la société, partout dans le monde », a poursuivi Mme Espinosa.

Avec autant d’engagements et d’initiatives en faveur du climat, un autre message fort de toutes les parties à la COP23, a été le besoin croissant de coordonner les efforts en matière de politique, de planification et d’investissement afin de veiller à ce que chaque centime investi et chaque minute de travail aient un impact beaucoup plus important et stimulent l’ambition dans le cadre des plans climatiques nationaux.

Résultats et temps forts de la Conférence de l’ONU sur le climat de 2017

« La COP23 qui s’est réuni à Bonn en Allemagne, s’est déroulée dans un contexte de catastrophes naturelles sans précédent qui ont détruit logements, familles et économies d’Asie, des Caraïbes et des Amériques – ces calamités nous ont rappelé l’urgence de notre mission collective. » a déclaré Mme Espinosa – Secrétaire exécutive de l’ONU pour le Changements Climatiques.

Le président de la COP23 M. Bainimarama, quant à lui a souligné quelques faits saillants de la conférence de l’ONU sur le climat de 2017 :

  • Des financements à long terme – Il a été demandé à l’unanimité de débloquer 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement à prendre des mesures en faveur du climat.
  • Le fonds d’adaptation dépasse l’objectif de 2017 – L’objectif de financement a été dépassé en passant de 80 millions à 93,3 millions de dollars.
  • Avancée historique dans l’Agriculture – grâce à une avancée politique historique en matière d’agriculture qui pourrait conduire à une réponse plus rapide et mieux coordonnée pour réduire les émissions de GES.
  • Le Gouvernement norvégien ainsi que la multinationale Unilever et d’autres partenaires, ont annoncé la mise en place d’un fonds de 400 millions de dollars pour soutenir une agriculture plus performante et une gestion plus durable des forêts.
  • Plan d’action sur le genre – Il a été reconnu le rôle crucial des femmes dans la lutte contre le changement climatique. En effet, les femmes sont particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique et ne doivent pas être exclues de la prise de décision concernant les actions et les solutions. Le Plan vise à intégrer les femmes dans tous les projets et décisions internationaux et nationaux.
  • Plateforme des peuples autochtones et des communautés locales – Il a été décidé de soutenir à part entière les peuples autochtones dans leur combat contre le changement climatique, tout en reconnaissant la responsabilité des gouvernements dans le respect des droits des peuples autochtones.
  • Lancement de l’Ocean Pathway – Il a été décidé un partenariat qui vise, d’ici 2020, à renforcer l’action et le financement qui relient les actions liées au changement climatique ; à travers le processus de l’ONU sur le changement climatique et via des objectifs et ambitions plus précis dans les plans d’action nationaux en faveur du climat.
  • Lancement d’une Chambre de compensation pour le transfert de risques des Fidji – Une plateforme en ligne s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour aider les pays vulnérables à trouver une assurance abordable et des solutions pour éviter les risques climatiques.
  • Les gouvernements de l’Allemagne et du Royaume-Uni, ainsi que d’autres partenaires, ont annoncé 153 millions de dollars pour développer des programmes de lutte contre le changement climatique et la déforestation en Amazonie.
  • L’Alliance pour la sortie du charbon réunit 25 pays, États et régions pour accélérer l’élimination rapide du charbon et aider les travailleurs et les communautés touchés à faire leur transition.
  • Le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’Allemagne, l’Espagne et l’UE ont lancé un programme d’appui aux Contributions déterminées au niveau national (NDC) de 42 millions d’euros pour aider les pays à respecter l’Accord de Paris.

L’édition suivante – la COP 24, se déroulera en décembre 2018 à Katowice, en Pologne. C’est dans cette ville de Silésie, qui vit toujours au rythme de l’activité charbonnière, que devront être finalisées les dispositions du « Rule Book », le guide de mise en œuvre de l’accord de Paris conclu en décembre 2015 dans l’espoir de limiter le réchauffement de la planète sous le seuil des 2 °C. La communauté internationale devra notamment finaliser les règles de transparence des données échangées par les pays, de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, de suivi des finances climat…